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Publié par Trickster

La camarde est décidément un personnage qui n'inspire pas la sympathie. On peut dire plus, ce personnage que le langage a étrangement crée féminin, inspire la crainte pour ne pas dire la peur, l'horreur, et personne ne souhaite la rencontrer, bien que tout un chacun sache pertinemment qu'un rendez-vous, dont la date est mal connue, car nul ne sait ni le jour ni l'heure, est prévu sur un agenda en permanence plein à craquer. C'est probablement une des rares file d'attente sur laquelle personne ne souhaite progresser et ou la resquille en tout cas, ne produirait aucune protestation. 

Chacun de nous est appelé régulièrement à accompagner celui ou celle de nos parents, de nos amis, de nos connaissances qui a atteint le "guichet" et cette caissière si peu amène.

La manière dont se déroule la cérémonie des obsèques, lorsqu'elle existe, est essentielle pour avoir ce sentiment que la camarde qui, dans tous les cas, vainc sans aucun péril n'a par ailleurs aucune raison de se glorifier d'un triomphe écrit d'avance.

Et bien j'ai vécu cela, j'ai assisté à une sorte de camouflet reçu par la camarde en ce lundi 13 septembre 2010, dans la petite église de Cavalaire. Je suis sûr qu'elle est repartie sans gloire, dépitée, la faux entre les jambes et en piétinant cette affreuse cape noire toute rapiécée qui lui sert de présentoir.

A la source de ce dépit, un prêtre magnifique.

Il était noir lui aussi, mais d'un noir resplendissant, lumineux, noir de son pays d'origine, le congo. Il conduisait sa première cérémonie funèbre, lui disait, sa première inhumation. 

De son propre aveu il était très ému, mais tellement intériorisé, habité par une telle présence qu'il en était rayonnant. 

Parmi les gens qui assistaient à la cérémonie, peu de pratiquants et même quelques athées.

Et cet homme, noir, a été véritablement une lumière, une caresse qui a su adoucir la peine de chacun des présents, sans que la religion en tant que telle présente le moindre intérêt. Reliés, les présents l'étaient. Par le cœur.

Je n'en dirai pas plus.

Banal cet évènement ? Non et c'est bien la raison qui me pousse à rendre hommage à cet homme là, simple, ordinaire mais avec un cœur de lumière.

Prêtre noir, cœur de lumière.

AA

 

 

 

 

 

 

 

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