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Publié par Trickster

 

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Dans une période où tout le monde a très facilement de l’éthique plein la bouche, il n’est sûrement pas inutile de mettre ou de re-mettre un peu d’ordre dans le contenu de ce mot qui nous vient du grec et que les latins via Cicéron, ont remanié pour le transformer dans celui de morale.

Ethos, explique Roger Pol Droit peut difficilement être traduit. L’une des traductions possibles débouche sur la notion d’habitat. Par cela, l’éthologie devient la science qui décrit comment les animaux habitent le monde.

 

L’adjectif èthikê forgé sur ethos, peut se traduire par comportemental.

L’ètikhê théôria désigne un savoir relatif à la façon de se comporter.

 Cicéron, à partir de mos, équivalent d’ethos, mores au pluriel, qui désigne les mœurs, construit le mot moralia pour désigner les données morales.

 

La similitude de l’origine et le parallélisme de ces deux termes justifient la tentation fréquente qu’on a de les confondre.

Là où l’excellent petit livre de Roger Pol Droit nous amène, c’est à considérer comment ces deux termes sont à la fois semblables et différents.lethique_attlemonde.jpeg

 

Si Paul Ricœur est sans conteste le grand penseur contemporain de l’éthique, sa lecture n’est assurément pas des plus aisée. Pourtant elle mérite d'être tentée, en particulier celle de son article rédigée pour l'Encyclopédie universalis.

En tout cas, il revient à Roger Pol Droit le grand mérite d’avoir rendu accessible et compréhensible une notion qu’il est actuellement « très tendance » de pousser en avant mais sur laquelle assez peu de gens sans doute, parmi les « pousseurs », sont capables de formuler des explications claires.

Alors on en parle, mais éthique reste trop souvent un mot dont chacun perçoit bien l’importance sans toujours très bien embrasser l'étendue de ce qu’il recouvre.

Chaque jour nous sommes confronté à l’éthique, puisque avant toute chose, elle s’intéresse à nos actions et comportements.

Tout ce que nous faisons peut-être examiné au filtre de l’éthique. De la plus banale à la plus grave de nos actions. L’éthique est aussi la manière dont nous habitons le monde et, il va de soi que nous ne l’habitons pas seul ! Pour Paul Ricœur, elle met en scène le je, le tu et le il.

La morale se mêle de cela avec son côté établi, transmis par la société, par la famille. Elle n’hésite que très peu, voire pas du tout, avant de dire c’est bien ou c’est mal.

L’éthique s’interroge davantage sur : « comment faire le mieux possible ».

La morale est construite, héritée de la tradition, l’éthique est en construction.

La morale parfois se démode, l’éthique est en évolution et susceptible de progresser en fonction des acquis de la connaissance.

Roger Pol droit est membre du comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé. Il est donc au premier rang de ceux qui tentent d’évaluer quel est le meilleur comportement de la société vis à vis des individus qui la composent sur le plan de la santé. Il est confronté à la pression de l’économique et aux résistances de l’humain quant aux choix à faire en matière de santé et quant au droit aux soins des cas extrêmes, de ceux qui sortent des statistiques.

En ostéopathie, notre réflexion est simplifiée, nous n’avons au fond qu’à nous préoccuper de la meilleure attitude possible et des meilleurs choix pour l’autre. En cela nous rejoignons à la fois Paul Ricœur et R.P. Droit dans la synthèse commune qu’ils font de l’éthique : la recherche du bien pour l’autre.

Mais si la réflexion concernant l'intention est simple il y aurait  beaucoup à dire sur l'ensemble des choix à faire pour y parvenir. Depuis l'accueil dans la salle d'attente jusqu'à l'accompagnement à la sortie, une fois le traitement achevé.

Cela mérite à coup sûr d'y revenir.

 

  AA

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