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Publié par Trickster

Hippocrates-rubens.jpeg 
Hippocrate le Grand ou Hippocrate de Cos
L'approche thérapeutique Hippocratique était fondée sur 
le pouvoir guérisseur de la nature (vis medicatrix naturae ). Selon cette doctrine, le corps contient en lui-même le pouvoir de rééquilibrer les quatre humeurs et de se guérir lui-même (physis). La thérapeutique hippocratique se donnait simplement pour but d'aider ce processus naturel. 


Nous l’avons vu, les définitions qui sont données du mot placebo (et de nocebo en corollaire), font référence à l’ingestion d’une substance neutre non active. Cette définition fait référence à la médecine officielle et à son mode de traitement principal, la chimie.
Placebo "je plairai", associe la notion de plaisir à un effet positif. Chacun connaît le "primum non nocere", formule attribuée à Hippocrate, ne serait-il pas utile d'introduire aussi, auprès de tous les candidats aux soins à la personne, qu'ils soient médecins ou non, primum placere. Je laisse cette suggestion en réserve.

Revenons à notre patient qui, à priori, a ingéré le placebo qu'on lui à fourni et croit qu’on lui a administré un médicament efficace.

Si ce patient entre dans la statistique et fait partie des 30% qui enregistreront une amélioration, il faut donc penser que c'est la croyance en cette efficacité qui opère l’amélioration souhaitée.
L'hypothèse pourrait être que cette « croyance », sous la forme d’une énergie qui reste à préciser, contacte chez l’individu concerné, une ressource, susceptible de déclencher une réaction de l’organisme telle, que le symptôme va s'en trouver éliminé ou atténué.
C’est là, évidemment, que le bât blesse pour les plus irréductibles cartésiens quant à l'interprétation de cette amélioration.
Comment, pour tous ceux qui pensent qu’en médecine, la solution ne peut venir que de l'extérieur, que de la prescription d’un traitement dosé, éprouvé, faisant appel à la connaissance scientifique (qui, pour ceux-là, n’existe que dans la mesure), comment pour ceux-là donc, le caractère immatériel d’une croyance pourrait-il produire un effet ? 

Cette croyance est-elle toute la réponse à cette question du placebo ? Assurément non. Et au fait, s'il y a croyance, ne faut-il pas aussi un autre ingrédient qui la précède. Celui qui est à l'origine de la dite croyance est la personne, médecin très probablement, qui lui propose ce médicament en lui laissant forcément entendre que c'est un bon médicament et, pour cela, il se doit de lui inspirer confiance. Je n'aimerai pas jouer ce rôle.
C'est donc plutôt la confiance qui se trouve à l'origine de l'effet placebo. La confiance autorise la croyance.

Il apparaît donc que, sans la confiance du sujet pour celle ou celui qui le soigne, le placebo (qui n'en sera plus un) restera parfaitement inopérant. Nous arrivons donc au moment de poser la question : quelle condition est nécessaire pour que le sujet qui va absorber ce placebo soit dans la confiance, d’où lui vient-elle ?

Peut-être d’un naturel optimiste et positif d’une part, mais aussi nécessairement de l’attitude de celle ou de celui qui prescrit ou qui donne le médicament. Autrement dit, la confiance du patient sera d’autant plus grande, que le soignant aura su engager avec lui une relation de qualité, une relation qui permet au patient de s’ouvrir au soignant, mais aussi et avant tout de s'ouvrir à lui même. Car les moyens de sa guérison, il en dispose dans beaucoup de cas.
J'imagine que cette affirmation ne peut pas déranger un "enfant de Still".
Mais, disposant de ces moyens, encore faut-il qu’il offre à son organisme la possibilité d’y accéder, en écartant toute résistance à un processus de guérison. Que se passe-t-il ensuite ?
Mystère sulfureux de la médecine, comme le qualifiait le docteur Paul Dupont, je me garderais bien de tenter une réponse. Par contre, je ferai volontiers cette tentative en abordant le placebo en ostéopathie.
Plus tard.

                                                                                                                     AA

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