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Publié par Trickster

Actus Univadis publie :

Dominique Maraninchi officiellement nommé à la tête de l'Afssaps

La nomination du Pr Dominique Maraninchi comme directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a été entérinée par un décret paru au Journal officiel du 23 février 2011, annoncent Les Echos. Le président de l'Institut national du cancer (INCa) succède ainsi à Jean Marimbert qui avait démissionné de ses fonctions suite à l'affaire Médiator. Il souhaite redonner à l'institution «du respect, de la fierté et de la performance» avait-il déclaré lors de son audition par les commissions des affaires sociales de l'Assemblée nationale et du Sénat. Fabienne Bartoli, qui assurait jusqu'alors la direction de l'Afssaps par intérim, reprend sa fonction d'adjointe au directeur général. Par ailleurs, Pascale Flamant, directrice générale de l'INCa, en devient la présidente par intérim, en remplacement du Pr Maraninchi.

Dominique Maraninchi - AFSSAPS

S'il fallait faire un commentaire à cette information, ce pourrait être autour de cette déclaration :

Il faut redonner à l'institution "du respect de la fierté et de la performance"...

D'abord, dans quel sens faut-il l'entendre ? Est-ce que l'institution doit redevenir respectable ? Ce qui est l'aveu direct de sa déchéance antérieure, déchéance par rapport à sa mission qui était de veiller sur les risques potentiels encourus par les individus et leur santé ; ou bien s'agit-il justement du respect de l'institution vis à vis de ceux dont elle a en charge la sécurité ? Vous me direz que la seconde permettrait la récupération de la première et qu'au fond cela revient (presque) au même mais néanmoins il me parait plus éthique de présenter la responsabilité de l'institution avant sa reconnaissance par le public qui la lui accordera si elle le mérite. 

C'est une nuance, mais pas anodine. Tout comme la fierté de l'institution dont le public n'a que faire. Ce qui intéresse le public, c'est éventuellement que l'institution soit performante, performante dans le cadre de sa mission de protection sanitaire de ce public. Les déboires économiques des laboratoires (ça fait sourire non ?) ne doivent peser pour rien dans la balance de l'évaluation des médicaments et de l'attribution de l'AMM. C'en est assez que le facteur économique prenne le pas sur les considérations humaines, c'en est assez que le fric roi ait toujours raison. Si le grand public pouvait percevoir que les plateaux de la balance inversent leur détestable tendance, il pourrait amorcer un retour, je dis amorcer car l'ardoise des injustices est assez remplie, amorcer donc un retour vers un peu de considération pour l'institution.

Les politiques pourraient espérer bénéficier de la tendance mais là, dans l'état actuel des choses, la tâche parait quasi-insurmontable tant les conflits d'intérêts et l'intérêt tout court semble faire partie, d'une manière de plus en plus naturelle de leur trame conjonctive. Pas tendre ? Non, mais y-a-t-il lieu de l'être d'avantage.

Le professeur Maraninchi reconnait avoir eu quelques liens financiers avec les laboratoires, mais plus depuis 2002. Soit, c'est bien de le savoir, mais cela signifie donc que cet homme, dont on n'a pas de raisons de douter de l'honnêteté, a lui aussi été contacté par les laboratoires et que cette pratique courante peut déboucher selon la personne concernée sur plus ou moins de complaisance à l'égard de ces éventuels "généreux donateurs". Si la pharmaco-vigilance est une chose indispensable, "l'humano-vigilance" ne l'est pas moins et il faut espérer que toutes ces belles mesures préélectorales trouveront dans la lucidité et la vigilance de tout un chacun, la motivation pour entrer dans une pratique exemplaire.

AA

 

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