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Publié par Trickster

 

 

Je ne dirais pas pour attirer votre attention "vu à la télé", par contre je peux vous dire, sans l'ombre d'un doute, "entendu à la radio". Comment ça, qu'est-ce que j'ai entendu ? Un peux de patience, il faut que j'introduise le sujet. Encore que l'expression est peut-être mal choisie.

Vous avez toutes et tous entendu parler d'une certaine grossesse, d'abord sous forme de rumeur, puis la rumeur s'est enflée (pas très bien choisie là encore, mais l'actualité n'attend pas), et de rumeur elle est devenue nouvelle, enfin information si vous préférez, et vous avez senti, vous aussi, l'émotion sourdre à chaque déclaration ou discours : la première dame de France est enceinte;  à ce propos, il faudra qu'un jour on m'explique comment est établi ce classement de première dame.

Il fallait que je vous dise tout ça pour que vous compreniez la suite. Je sais, c'est dur d'attendre quand on sent bien le côté essentiel d'une information, mais c'est comme ça, il faut vous endurcir un peu.

Donc, "entendu à la radio" : "sa robe blanche ne parvient plus à cacher sa grossesse présumée". Parole de scout, c'est exactement ce qu'a dit cette journaliste et avec le plus grand sérieux comme il sied à une personne qui fait son travail avec conscience.

Ça ne déclenche pas une cascade de questions chez vous ? Une grossesse présumée ...dans cette période où tant de choses sont présumées ?

Chez moi oui, peut être parce que le lit des questions que je me pose est très incliné ou parce que j'incline d'avantage à m'en poser (ça c'est le lien avec la cascade, mais vous l'aviez compris j'en suis sûr).

S'agirait-t-il d'une fausse grossesse ? Une grossesse nerveuse peut-être, à cause de l'agitation de Zébulon à qui un conseiller aurait pu souffler ce stratagème pour  faire remonter sa cote. Vous voyez ça, un héritier supplémentaire débarque, en criant très vite "je veux faire président moi aussi" ? C'est l'élection assurée.

Présumée, ça pourrait aussi déboucher sur une vraie fausse grossesse, enfin une grossesse postiche quoi, avec un coussin spécial, gonflable pour suivre l'évolution de la dite présumée grossesse. Dans ce cas la gestion risque d'être plus difficile.

Mais si c'est une vraie grossesse, quelle est la chose présumée ? Le père peut-être, mais on n'ose pas parler d'un père présumé. Bon vous voyez bien que ça devient embarrassant.

Et s'il n'y avait pas de père ? Ça s'est déjà vu, rarement c'est vrai, mais certaines voies étant impénétrables, on ne sait jamais. Il vaut mieux ne pas rejeter cette éventualité. Pour le coup, ça serait un vrai scoop comme ils disent, les journalistes.

Mais je n'avais pas l'intention de vous parler de la grossesse présumée de la présumée première dame et du présumé géniteur, mon propos était plutôt de me pencher sur le rôle des journalistes vis à vis de l'ostéopathie.

Tout cela à cause du coup de gueule récent d'un confrère qui venait de lire en feuilletant un press book consacré à des articles sur l'ostéopathie, un article décrivant ses possibilités d'action sur l'hypophyse. Nous sommes tous convaincus de cette possibilité d'action mais s'il y a un domaine où les preuves manquent, c'est bien celui-là. Mais si le, ou la journaliste a fait cet article c'est probablement pour y avoir été encouragé par une déclaration, ou une lecture allant dans ce sens. On sait bien le manque de discernement qui participent trop souvent des interviews données à la sauvette, on sait aussi le manque de contrôle dont on dispose sur le contenu de la plupart des articles composés de cette façon.

Il faut le savoir, c'est comme ça et ça n'est pas nouveau. Cela a joué à notre avantage parfois, ou à notre désavantage dans d'autres circonstances selon l'origine de l'interviewé et la nature du message qu'il voulait faire passer ou encore selon l'écoute d'un journaliste acquis ou hostile.

Il nous revient d'utiliser un droit de réponse quand c'est possible ou, plus souvent, de faire au quotidien la démonstration de tout le positif contenu dans l'ostéopathie.

C'est parfois un exercice délicat de répondre à l'attente d'un miracle quand cette attente a été suscitée par la lecture d'un article qui présente les résultats décrits comme acquis.

Il paraîtrait qu'un bachelier après 2660 heures de formation est en mesure de gérer tout cela ! (dixit les décrets de 2007).

Mais je m'égare, ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est les journalistes et l'image qu'ils donnent de l'ostéopathie.

Image de leur point de vue, nécessairement sensationnelle car, bien entendu, c'est ce qui fait vendre. C'est aussi peut-être ce qui a contribué à la prolifération des demandes de jeunes à la recherche de ce qu'ils croient être une profession, et du même coup, de la multiplication des écoles dont on voit, atterrés, le nombre augmenter de façon quasi exponentielle.

Mais il faut être juste. Les journalistes ont contribué au développement de la profession. Dans les années 80, les articles consacrés aux nombreux procès "dits pour exercice illégal de la médecine" avec l'indignation qu'ils ont provoqué chez les patients, par l'esprit de résistance qu'ils ont suscité chez les ostéopathes, ont donné un formidable élan à la profession. Merci aussi aux ostéothérapeutes de l'époque.

Les articles consacrés aux succès remportés auprès de certaines personnalités du spectacle ou du sport de haut niveau ont fait monter le niveau de popularité de l'ostéopathie auprès de ce qu'il est convenu d'appeler le grand public, grand public sans lequel nous n'existerions pas.

On peut donc regretter maintenant la présentation de certains articles, l'exagération, les informations mal étayées voire les contre vérités qui parfois nous font bondir, c'est le revers de la médaille. Il nous revient de rectifier le tir et de faire valoir que les outrances de notre société vouée au marketing et au tape à l'œil ne sont pas à mettre au débit de l'ostéopathie et des ostéopathes mais je vous accorde qu'il y a du pain sur la planche. En tout cas je le présume.

 

Livingstone

 

 


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Nowar 01/06/2011 17:47


Il ne reste plus qu'à tourner trois gnomes et un couffin