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Publié par Trickster

politique-2796.JPGOn connaît le chemin de la beauté tel que le parcourt la tradition Navajo. La beauté est guérisseuse, la beauté nous transforme, la beauté nous fait aimer.

 

J’avancerai dans la beauté, j’avancerai dans la beauté,


Beauté devant moi, beauté derrière moi


Beauté au-dessus et en dessous de moi

 Beauté tout autour
 dans mon vieil âge

 Je veux marcher sur un chemin de beauté


Tout finira dans la clarté, tout finira dans la clarté


Bonheur devant moi, bonheur derrière moi


Bonheur au-dessus et en dessous de moi

Bonheur tout autour
 dans mon vieil âge

Je veux marcher sur un chemin de clarté

Chant Navajo

 

Il est un chemin qui ne s'éloigne guère de celui-là et que je suis tenté d'appeler "chemin de la bonté" tel qu'il est pratiqué par Chet Davispolitique-2785_3.JPG chaman amérindien qui, à la suite de son maitre, a voué sa vie à la préservation de la nature et de la tradition shoshone. Lui-même ne se présente pas comme chaman, sa simplicité l'amène à se définir comme vous et moi, un homme ordinaire. Un homme ordinaire qui a eu néanmoins un parcourt de vie extra ordinaire. Il dit avoir pu s'arracher à l'alcool et à la drogue trente cinq ans plus tôt grâce au retour vers une vie centrée sur la tradition, centrée sur les valeurs de la nature et guidé par son aîné Harney Corbin (1920-2007) dont il tente maintenant de prolonger l'œuvre.

220px-Corbin_Harney.jpgHarney Corbin a fait partie de ces enfants natifs, Shoshones de l'ouest, obligés à l'enseignement imposé par le gouvernement des Etats Unis, véritable lavage de cerveau, les coupant de leur culture et de leur langue maternelle. Corbin prend la fuite, se réfugie chez un oncle qui lui donne le choix entre rester à l'école ou vivre dans la montagne et apprendre à survivre seul.

C'est avec deux chevaux donnés par cet oncle qu'il fait le choix de la montagne et part dans les collines de l'Idaho ou il vit dans "la maison" de son peuple.

Devenu chef spirituel et guérisseur, Corbin Harney a défendu les droits des autochtones devant les Nations Unis. Militant anti-nucléaire, parcourant le monde,il est allé jusqu'au Kazakhstan territoire utilisé pour les expérimentations nucléaires russes, comme le Nevada l'a été, pollué par près de 1000 explosions aériennes ou souterraines. Les nappes phréatiques n'étant pas épargnées d'avantage par le stockage de déchets dont on connaît la durée de vie en matière d'irradiation.

Comme toujours, ce sont les populations natives qui, en premier lieu, ont fait les frais de cet état de fait. Chassées de leur terre au gré des invasions des colons, puis de la ruée vers l'or. Enfin polluées pour le bon déroulement des expérimentations destinées à parfaire l'arme nucléaire. Cependant, c'est d'abord pour la protection de la nature à qui nous devons tout, et pour tous les humains, que Corbin a développé toutes ses actions. Les Shoshones de l'ouest ne disposent malheureusement pas de réserves et ce n'est que parce qu'il existe des tombes sur leur site sacré que le gouvernement retient les promoteurs très intéressés par la mise en place d'un centre de loisir, sans aucun doute autrement "plus rentable" qu'un simple lieu de culte à la nature.

politique-2809.JPGChet Stevens ne fait rien d'autre que prolonger l'action de celui qui fut son maitre, chanter la bonté de la nature qui nous offre tout ce dont nous avons besoin, chanter l'eau qui est le sang de la terre. Pour lui, pour nous, la règle de l'eau est suprême.

 Sommes nous si loin de l'ostéopathie ? Non, nous sommes là, pleinement, dans la conscience ostéopathique. Le corps de la terre est à préserver tout autant que le corps humain, il existe entre les deux une étroite interdépendance. 

"Osteopathy is found in nature ; Osteopathy is founded on nature ; Osteopathy is NATURE." AT STILL 1894.

L'ostéopathie est trouvée dans la nature, l'ostéopathie est fondée sur la nature, l'ostéopathie est la NATURE.

Cette difficulté de prise de conscience de la part des humains, de leur origine et de leur étroite relation m'amène un citer un passage d'un livre de Charles-Rafaël payeur, Initiation chez les Amérindiens*, dans lequel il évoque le moment où celui qui va diriger la cérémonie d'une tente de sudation demande aux participants de ramasser les pierres qui vont être chauffées.

"Traitez avec beaucoup de respect les Grands-pères que vous ramasserez" Il nous parlait en fait des pierres elles-mêmes, celles-ci détenant pour lui  le secret des mondes célestes. Au cours d'une lecture subséquente, j'ai découvert que les pierres sont considérées par la tradition amérindienne comme étant tombées du ciel. Originellement de nature céleste et lumineuse, elles seraient devenues terrestres et opaques lors de leur chute. Encore imperceptiblement animées par le souffle de la vie, elles sont ainsi un symbole de l'homme qui, ayant chuté, se retrouve dans une terre de désolation, le monde d'en bas. L'homme serait appelé à prendre conscience qu'il est encore, malgré sa chute, habité par la puissance divine. Ceci me fait penser à ces mots de Gérard de Nerval que je me répétais depuis le moment où, à l'école secondaire, je les avais appris pour la première fois : " Souvent dans l'être obscur habite un dieu caché; et comme un œil naissant couvert par ses paupières, un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres".

Alain Andrieux

*(Editions de l'Aigle) ISBN2-921222-87-6

Commenter cet article

bijoux 12/02/2015 08:59

on peut jamais effacer une culture d'un peuple.

Renaud 12/06/2014 08:07

Quand la pensée s'élève vers les cailloux à nos pieds.