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Publié par Trickster

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Pas facile d'être, ou d'essayer d'être un blogueur consciencieux par temps de Roland Garros et particulièrement quand les matchs sont exceptionnels comme ils l'ont été lors de cette édition 2011. 

Le déroulement du jeu a été passionnant mais combien l'a été aussi l'observation des joueurs, du déploiement des corps et de leur extraordinaire capacité à aller au bout des possibilités, à réaliser ce qui, vu du fauteuil où l'on est confortablement calé, frise l'impossible. 

 

Impossible ? Et pourtant, tous neurones miroirs déployés en ordre de bataille, nous y croyons un peu puisque dans notre fauteuil, confortable, nous sommes presque à chaque jeu, tendus comme des cordes de raquette, en plein effort d'accompagnement, de soutien, de participation. Nous sautons, smashons, accomplissons des grand-écarts à rendre glauque le lac des cygnes et dépressives toutes ses danseuses, et tout ça de l'intérieur avec juste une petite déformation du fauteuil qui se demande ce qui lui arrive.

Et nul doute que "ces pauvres efforts là" laissent des traces, modestes certes, mais traces quand même qu'on va retrouver dès le lendemain dans des filets de courbatures totalement incongrues.

 

Les corps c'est notre affaire et c'est passionnant à observer.

Mais tout aussi passionnant, et sans doute plus touchant (car le toucher se glisse par là aussi, et que serions nous sans lui !) est l'affleurement de ces mouvements intérieurs de la psyché, perceptible dans toutes les attitudes, dans les regards, dans le moindre soupir et qui va peser tellement lourd dans le résultat final.

Le corps est là mais on voit bien qu'il n'est pas seul, même si l'image qu'offre parfois le champion est celle d'une solitude définitive.

Rage de vaincre, de ne pas plier, mais aussi détresse, désarroi qui viennent des profondeurs et que l'on perçoit parfois comme indépassables, accrochés qu'ils sont dans les tissus comme une veste de laine tombée dans les ronces.

 

Est-ce que tout ça est seulement affaire de chimie comme certaines écoles voudraient nous le faire penser ou bien n'est-ce pas plutôt le résultat de toutes ces choses plus ou moins inconscientes contenues dans nos moindres replis et qui émergent souvent quand on ne le souhaite pas, à l'occasion d'un mouvement de pensée, d'une émotion qui soulèvent précisément un de ces plis pour en laisser échapper l'effluve positive ou négative qu'il contient. Plis de la famille, plis de l'éducation, plis des générations précédentes, plis et replis personnels, de quoi ressembler à un sharpei préoccupé par une nuée de contraintes administratives.

 

Et s'aperçoit-on que ces plis viennent résonner avec les nôtres ? Quelque part on se sent aussi concerné, par ces marques aussi indélébiles que difficiles à identifier, par la reconnaissance de ces plis qui s'efforcent de nous maintenir dans un comportement, dans des réponses pour ainsi dire préétablies.

 

Maintenant vous imaginez la séance de repassage qu'il va falloir effectuer sur soi pour envisager de repasser les plis des autres fripés ?

Allez au travail.

 

Alain Froissabh

  * C'est aussi le titre d'un recueil de Henri Michaux. Gallimard 1972

 

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ostéopathe brive 19/06/2012 17:29

Déplions nous!

Nowar 07/06/2011 13:46


Ca ne fait pas un pli


renaud 07/06/2011 06:31


je ne savais pas que tu avais un chien quand tu étais bébé!


Trickster 07/06/2011 06:54



C'est pas un peu facile de chinoiser en ce moment ?