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Publié par Trickster

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Eric Perraux et Sylvie Quesemand Zucca

 

 

C'est ce que présentait à Grenoble dans le cadre des journées FédOsoli, Sylvie Quesemand-Zucca auteur de "Je vous salis ma rue", hélas,  pleine de disgrâces.

Sylvie Quesemand Zucca est psychiatre  psychanaliste. Elle a partagé son activité pendant une dizaine d'années entre son cabinet libéral et l'équipe mobile "Réseau Souffrances et Précarité" de l'hôpital Esquirol, intervenant en liaison avec le Samu social de Paris auprès de personnes sans abris, sans domicile fixe, dans la rue ou dans les centres d'hébergement. Elle a vu le monde de la rue s'étendre, se compliquer, se diversifier, se peupler de nouveaux individus : des jeunes, des femmes toujours plus nombreuses, des étrangers sans papiers, des personnes âgées égarées. Un monde où la souffrance, la violence et l'alcool règnent en maitres. Un monde où la plupart de ces personnes ont perdu leurs repères spacio-temporels, leur langage parfois et leur capacité à tout échange humain.

Elle connait bien, trop bien sans doute la déshumanisation profonde de ces formes "asphaltées", pour reprendre son expression, qui jonchent les trottoirs et pour lesquelles l'avenir semble sans issues. Elle dit l'incroyable résistance de certains aux conditions de vie qui sont les leurs et l'inadaptation quasi totale des moyens mis en œuvre pour permettre à ces gens, lorsqu'ils le souhaitent, de sortir de cette situation.

Elle dit aussi l'importance des pathologies que l'on rencontre dans la rue, pathologies qui ne sont pas prises en charge par ailleurs. Elle dit la qualité de certains centres d'hébergement qui s'efforcent de fournir une occupation, des relations humaines et malheureusement l'indigence totale de l'attention accordée dans certains autres centres.

La question de la nourriture ne semble pas être le premier problème. La famine affective est sans doute bien plus grande. L'inutilité sociale, la honte, la relégation produisent une lente déshumanisation et les solutions proposées mettant des années avant d'être effectives sont la plupart du temps dépassées avant même d'être mises en œuvre.

Parfois une lumière, avec l'incroyable capacité de certains de ces fantômes d'humains, à produire, l'espace d'un moment passé dans un atelier d'écriture, du génie à l'état pur sous la forme d'un poème qu'Arthur Rimbaud n'aurait pas rejeté. Et quelques heures plus tard, à nouveau les balbutiements avinés d'une âme perdue.

En 2005, une émission sur France Culture a rendu compte de cet état de fait auquel il nous est donné d'assister un peu plus tous les jours dans les villes. Pour éprouver notre capacité à la compassion, à l'indifférence ou à la cécité ? Sylvie Quesemand-Zucca dit aussi : "Et il y a aussi tout ce qu'on ne voit pas !"

Il convient donc de tirer son chapeau à l'entreprise de Fédosoli pour essayer, avec précautions, d'apporter l'aide d'un peu de chaleur sous la forme de la proposition de traitement que peuvent apporter les deux mains attentives d'un ostéopathe.

Ils auront besoin de tous nos encouragements.

AA


   


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