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Publié par Trickster

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Anne Lautier, présidente de la Société des Ostéopathes de l'Ouest.

Extrait de Ouest France Bretagne rennes du mardi 3/04/2012 Article signé par Nathalie Houdayer

 

Ostéopathie : la filière souffre de sureffectif - Rennes

De nombreux jeunes diplômés sortent des écoles chaque année. Beaucoup ont des difficultés à s'installer et à vivre de leur activité.

Trois questions à...

Anne Lautier,

présidente de la société des ostéopathes de l'ouest, à Rennes.

Le métier d'ostéopathe a-t-il un avenir ?

Non, c'est un vrai souci. 3 000 étudiants sortiront des écoles en juin. D'ici trois ans, cet effectif va doubler. C'est énorme par rapport aux débouchés réels. Nous connaissons le même problème démographique que les médecins. Beaucoup de praticiens près des villes, et un manque dans les régions plus reculées. Lorsqu'ils s'installent, les jeunes ont du mal à se faire une clientèle et vivent difficilement. La moitié gagne moins de 18 500 € par an. Ils sont parfois obligés de faire des extras le soir dans des restaurants. Des collègues implantés depuis plus longtemps ont vu leurs revenus baisser de plus de 18 %.

Pourquoi cette recrudescence ?

L'activité a été légalisée en 2002. En 2007, un décret a défini les conditions d'agrément des établissements de formation. Depuis, c'est l'explosion. On en compte soixante en France, tous privés, contre dix seulement en Grande-Bretagne. Ces instituts recrutent sans concours, contrairement aux autres écoles des professionnels de la santé. On y retrouve souvent des étudiants en médecine qui n'ont pas achevé leur cursus. La scolarité coûte excessivement cher, aux alentours de 8 000 € par an. C'est la seule condition de sélection. Des étudiants sont obligés de contracter un prêt qu'ils auront du mal à rembourser.

L'enseignement est-il de qualité identique ?

Certains instituts proposent un cursus de trois ans, tel que ratifié dans le décret de 2007. Ce n'est pas suffisant. Les ostéopathes se battent pour imposer une formation en cinq ans, comme auparavant. C'est la durée préconisée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Après, c'est au patient de se renseigner sur les qualités de son praticien.

Nathalie HOUDAYER.

 

Les opinions traduisant une certaine inquiétude concernant l'avenir de l'ostéopathie en France se sont multipliés ces derniers temps. Celle exprimée par Anne Lautier, présidente de la SOO, par la voie de Ouest-France Bretagne en est un exemple de plus.

Si cette prise de conscience est assurément bien présente chez les professionnels, il n'est pas certain qu'elle soit encore très claire aux yeux du grand public. Par conséquent, il n'est sans doute pas inutile de prolonger cette information par tous les moyens qui se présentent.

Cependant, l'un des inconvénients de cette démarche est qu'au fil du temps elle risque de laisser apparaître une forme de négativité concernant l'ostéopathie, ce qui serait parfaitement injustifié et qui irait malheureusement dans le sens, sans doute espéré, de tous ceux qui ont pu voir en ces décrets de 2007 la possibilité de dégrader l'image de l'ostéopathie. 

Il est difficile d'avancer ce genre d'argument sans prendre le risque de se retrouver catalogué dans la liste des tenants de la théorie du complot, mais il est tout aussi difficile aussi d'en faire totalement abstraction.

Si les intentions inavouées des responsables de cette situation étaient bien de niveler l'ostéopathie par le bas, on peut dire qu'ils ont déjà accompli un pas en avant, les suivants étant prévisibles dans les années à venir si l'ensemble des ostéopathes ne trouvent pas une parade unitaire et unanime.

 

La démarche dont le ROF nous a donné connaissance par un courriel du 11 avril, semble aller dans le bon sens.

Au-delà d’une constatation alarmante, le Registre des Ostéopathes de France a choisi d’agir à la source d'une des problématiques  majeure de notre profession : la démographie galopante. Outre que celle-ci risque de polluer les qualités d'exercice, elle est la résultante des effets dévastateurs du système actuel qui sonneront à moyen terme le glas d'une ostéopathie de qualité.

Nous ne pouvons que partager cette introduction déjà criée par les enfants de Still dès leur décision de se faire entendre puisqu'elle est en exergue dans la présentation du blog d'une part, et mise en relief par la page : "La mort programmée de l'ostéopathie"

Alors, que cette préoccupation commence à être très partagée ne peut que nous convenir.

AA

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reynaud 15/04/2012 10:18

Article très réaliste.
Seul imprécision l'OMS n'a jamais parlé d'une formation s'étalant sur 5 années dans des centres de formation privés mais de 4200 heures à faire à temps plein sur 4 années au niveau universitaire.

Trickster 15/04/2012 10:44



Tout à fait exact. Mais ça ne change rien au fond. Ce type d'article se multiplie actuellement parce qu'il correspond effectivement à une réalité plus que préoccupante. Elle s'exprime de façon
diverse et est retrancrite de manière plus ou moins fidèle par les journalistes, comme d'habitude.


Exemple / http://www.paris-normandie.fr/article/rouen/haute-normandie-la-grande-foire-de-losteopathie