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Publié par Trickster

Voilà un titre, j'en suis presque sûr qui devrait attirer du monde. Pourquoi ce choix ?

Le 13 avril, je reçois un appel téléphonique d'une journaliste de France 5 désireuse de réaliser un reportage sur le sujet. Elle a sans doute été assez désappointée par mon manque d'enthousiasme étayé par un commentaire disant que l'ostéopathie n'était certainement pas une indication majeure pour ce genre de problème. Ce qui est dérangeant avec ce type de sujet c'est la manière de le présenter. Cela me donne aussitôt envie de dire, de rappeler, ce que l'usage au quotidien, le raccourci trop facile, nous amène parfois à formuler d'une façon incorrecte. L'ostéopathie ne traite pas l'énurésie, mais elle traite l'enfant énurétique comme elle traite n'importe quel autre enfant porteur d'une quelconque pathologie. C'est l'occasion de dire pour tous ceux qui s'aventurent de temps en temps sur ce blog et qui ne sont pas forcément ostéopathes, que l'ostéopathie ne s'adresse pas à des maladies, ou à des syndromes mais à des individus dont, temporairement, l'organisme et sa physiologie sont en difficulté, pour des raisons diverses qu'il appartient à l'ostéopathe d'évaluer afin de les traiter si elles sont du ressort de l'ostéopathie, ou d'orienter le patient dans une direction mieux appropriée (médicale ou autre) si ce n'est pas le cas.

Pour le cas d'espèce de cette question : énurésie et ostéopathie qui laisse vraiment supposer à toute personne lisant ce titre que l'ostéopathie est en mesure de solutionner le problème posé par l'énurésie. D'abord il faut savoir de quelle énurésie on parle parmi toutes celles qui sont répertoriées. A priori le problème le plus fréquent est celui des énurésies nocturnes qui concernent le plus souvent les garçons et dont on considère qu'elles méritent attention au delà de l'âge de 5 à 6 ans.

Quelles causes sont habituellement reconnues à l'énurésie dans laquelle il faut encore distinguer la primaire de la secondaire.

Il s'agit de l'énurésie nocturne primaire lorsque l'enfant continue de mouiller son lit après l'âge de 5 ou 6 ans. Ce trouble est souvent héréditaire. L'énurésie secondaire survient lorsqu'un enfant qui ne mouillait plus son lit depuis 6 mois au moins recommence à le faire, souvent à la suite d'un stress émotionnel ou à cause d'un trouble de santé. Déjà, dans ces deux définitions on s'aperçoit que les éléments de la seconde peuvent interférer dans le premier cas. Pourquoi un enfant de 18 mois ne serait-il pas susceptible de subir un stress ? Précisément, l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur comme cette  circonstance est régulièrement rapportée. Au nombre des causes sont donc inclus les stress émotionnels. On peut ajouter à cela le manque de maturité du système de contrôle urinaire 

un facteur génétique : l'enfant dont les parents ont souffert d'énurésie risque davantage de mouiller son lit

un sommeil profond : l'enfant ne se réveille pas quand il a besoin d'uriner.

Pour permettre à l'ostéopahie de jouer son rôle, il faut trouver un facteur d'ordre physique qui pourrait majorer la sensibilité au stress de l'enfant. Cela existe parfois bien entendu.

Prenons un exemple : Un petit garçon de 7 ans et demi, qui n'a jamais été propre. Un petit frère est arrivé lorsqu'il avait 20 mois. Très mal accepté au début. semble s'adorer depuis. Enfant présentant selon sa maman quelques inhibitions, des peurs (de l'eau par exemple). Il a semblé qu'une amélioration s'amorçait dans l'été qui suivit la fin du cycle de l'école maternelle, mais dés la rentrée au CP, l'énurésie s'est à nouveau manifestée. Affronter l'école, se montrer à la hauteur ? ne pas se dévaloriser par rapport au petit frère ? Tout cela impose beaucoup de tensions tout au long de la journée. La nuit et un sommeil profond sont une véritable délivrance qui permet de se relâcher vraiment, avec la conséquence que l'on sait. Que peut apporter l'ostéopathie ? Chez cet enfant là, minorer la tension qu'il subit à longueur de journée à cause d'un crâne  et d'un bassin qui ne sont pas en accord pour des raisons traumatiques possibles, émotionnelles peut être. Ajoutons à cela la patience et l'amour des parents dans une famille harmonieuse, une approche psychologique s'il est possible de trouver la "bonne personne" avec laquelle l'enfant se sent à la fois en confiance et protégé, et qui lui permettra de transformer l'image qu'il s'est construite de la rivalité entre lui et le petit frère.

Dans tout cela, l'ostéopathie peut jouer un rôle modeste, dans la possibilité plus ou moins nette, qu'elle a de contribuer à amener de la détente chez l'enfant.

Une émission sur ce sujet rapporterait sans doute aux titrés (en ostéopathie) de France et de Navarre, un certain nombre de consultations provoquées par l'intérêt de toutes les mamans qui sont confrontées à ce problème au quotidien. Mais cette éventualité serait elle une bonne chose pour l'ostéopathie ? Sincèrement je pense que non. Je crois au contraire que c'est une occasion de décrédibiliser l'ostéopathie qui ne doit pas être présentée indéfiniment comme une source de miracles.

L'ostéopathie participe à des prodiges. Mais ces prodiges sont orchestrés par une physiologie restaurée et accompagnée vers le "droit chemin"par l'ostéopathe.

 L'ostéopathie est efficace lorsque la structure peut être prise en défaut d'abord et restaurée ensuite.

Au delà, l'ostéopathe peut-être efficace, s'il sait établir avec son patient une relation de confiance qui permettra sa participation active consciente ou inconsciente. 

Loin de moi l'idée que l'ostéopathie ne peut pas se révéler utile chez des enfants concernée par l'énurésie, mais de grâce, présentons les choses avec mesure, je dirai même avec tact et mesure pour le bien de l'autre et la crédibilité de l'ostéopathie.

AA

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