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Publié par Trickster

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La révolution, trop discrète sans doute, générée par le livre d'Ashley Montagu - La peau et le toucher - dont Frédérick Leboyer explique dans sa préface pourquoi il en avait souhaité la traduction, posait la question : "Comment vivre lorsqu'on n'a pas été touché", ou trop peu.

Il est assez clair que la réponse à cette question était : mal, assez mal, avec en tout cas, de façon repérable, un lot de souffrances supérieur à la moyenne.

Nous autres, toucheurs patentés, pour d'autres que des bœufs*, sommes nous tombés dans cette marmite tactile parce que nous n'avons pas eu assez de cette soupe à l'âge du sein ou du biberon ? 

Ne sentez vous pas venir une grande préoccupation existentielle ? Non ? Et bien vous avez sûrement tort.

Et puis ne me dites pas que vous ne l'avez jamais croisé, lors d'une chute dans un de ces abîmes de réflexion qui agrémentent certains moments de nos journées, ce questionnement, cette préoccupation avec le quotidien qui est le nôtre, nous qui avons ce métier dans la peau, comme par hasard...

 

Mais dans la peau comment ? à défaut de répondre pourquoi, peut être un peu plus loin.

Avec quelle sorte de peau ? Une peau essentiellement discriminante qui se plait dans la différence, dans la distinction et la comparaison ou bien une peau qui recherche l'unité, cette unité que vit le fœtus au contact des parois utérines, cette unité parfaite avec son monde avant qu'il fasse l'expérience néonatale de sa différence avec le monde ? Pourtant c'est bien la même peau mais l'ordinateur qui traite l'information dans le premier cas n'est pas celui qui la gère dans le second et par suite, ces informations prennent des couleurs bien différentes.

Dans le premier cas on aura affaire en la personne du "toucheur" à un "effecteur" à tendance "séparative", bien convaincu qu'il est autre que ce qu'il touche. S'il attend un changement de la part de "ce qu'il touche" ce changement ne pourra venir que de lui-même. Dans l'autre hypothèse, le "toucheur" est d'avantage un témoin, spectateur, récepteur, accompagnateur à tendance contemplative qui vit dans la respiration de ce qui change car ce qui change dispose de l'énergie de ce changement à condition de l'orienter. Et la qualité de cette orientation ne dépend que la non volonté qu'on a de la provoquer.

Eh oui, une fois de plus on en revient à considérer les choses mesurées par le cerveau gauche ou contemplées par le cerveau droit. 

Ou bien je m'adresse à quelque chose, à quelqu'un qui est étranger à moi, qui n'est pas moi et qui n'en fait pas partie, ou bien je prends contact avec quelque chose ou quelqu'un avec qui je tends à former une unité. En poussant plus loin dans cette direction, je suis, dans une certaine mesure apte à ressentir l'autre comme moi-même. Je peux être séparé ou unifié.

Et là nous n'avons évoqué qu'une sorte de toucher, le toucher physique; et ce qui est touchant, ce qui nous touche ou ce qui touche l'autre sans le moindre contact autre que celui du cœur, ne l'oublions pas celui-là car il est là en permanence, même s'il se drape dans une pseudo convenance qui essaie de le cacher. Cœur ouvert ou cœur fermé.

Et puis, comme il n'y a jamais deux sans trois, il en reste un à envisager sur lequel on ne peut rien dire puisque celui là vraiment ne nous appartient pas. Sait-on bien d'ailleurs à qui il appartient ?

 

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AA

 

 

* Peut être faut-il préciser que dans nos campagnes les toucheux de bœufs étaient ceux qui étaient capables de traiter les animaux, rebouteux, en quelque sorte, mais aussi ceux qui accompagnaient les bêtes en les piquant du bout de leur bâton , en les "touchant".

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Commenter cet article

Renaud 28/06/2011 12:52


Le grand Pachacamac nous mettrait sur la touche?


Renaud 28/06/2011 08:59


Touché!Touchant article tout chaud qui me redit pourquoi je touche.Merci oh! grand soleil touchant!


Trickster 28/06/2011 10:19



Je ne sais pas si c'est dû à la proximité de ton anniversaire, autrement dit aux conjonctions astrales anciennes et nouvelles, mais je te trouve particulièrement en verve. A ce train là, une
éclipse de soleil imprévue est à craindre pour samedi prochain. Vas y doucement quand même.


A touch of plume please.