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Publié par Trickster

250px-Much_Ado_Quarto.JPGUnivadis vient de publier un article concernant le "wiplash injury", dans sa traduction française traumatisme en coup de fouet ce qui est déjà une sorte d'évènement dans la mesure où les victimes de ce type de traumatisme sont plus habituellement comparées à ces pauvres lapins lorsqu'ils subissent un coup violemment appliqué sur la nuque.

Cet article est intitulé : Troubles chroniques associés à un traumatisme en coup de fouet : la pratique d'exercice physique est-elle efficace ?

Ce qui est troublant, c'est la conclusion de cet article et l'aveu implicite que la pathologie indéniable qui découle de ce traumatisme n'est pas comprise. Et gageons qu'elle ne le sera pas tant que l'œil médical se refusera à voir qu'un corps humain constitue une unité et que tous ses dysfonctionnements ne sont pas qu'affaire de chimie d'une part et que, d'autre part, le dérangement profond des structures corporelles exige une autre attention que celle supposée contenue dans des exercices standardisés.

L'aveu est contenu dans l'interprétation de l'étude :

Interprétation

 

Nous avons démontré que de simples conseils étaient aussi efficaces qu'un programme d'activités en physiothérapie, plus intense et plus complet. L'identification de stratégies efficaces, au coût abordable, qui permettraient de prévenir et de traiter les troubles aigus et chroniques associés à un traumatisme en coup de fouet, constitue une priorité sanitaire majeure. Les pistes possibles de recherche pourraient porter sur une meilleure connaissance des mécanismes responsables des douleurs persistantes ou invalidantes, sur l'efficacité et la pharmacocinétique des médicaments, et sur l'étude des conseils et informations présentés aux patients.

On se dit après ça que cette étude n'a pas vraiment fait avancer la thérapeutique mais qu'elle a plutôt permis un regard "socratique" sur la question : Tout ce que l'on sait c'est qu'on ne sait rien.

Il est tout de même bon de prendre connaissance de l'article in extenso pour n'avoir pas à nous suspecter d'exagération.

 

Des chercheurs rapportent les résultats d'une étude comparant un programme d'activités en physiothérapie à de simples conseils

Introduction

Selon les données disponibles, de courts programmes d'activités en physiothérapie seraient aussi efficaces pour traiter les troubles aigus associés à un traumatisme en coup de fouet que des programmes complets. On ignore toutefois si ces courts programmes seraient également efficaces pour les troubles chroniques. Nous avions donc pour objectif d'estimer l'efficacité d'un programme d'activités complet proposé par des physiothérapeutes à des patients souffrant de troubles chroniques associés à un traumatisme en coup de fouet. Ce programme était comparé à de simples conseils.

Méthodes

L'essai PROMISE est un essai contrôlé randomisé, pragmatique, constitué de deux groupes, portant sur des patients présentant des troubles chroniques (d'une durée supérieure à 3 mois et inférieure à 5 ans), associés à un traumatisme en coup de fouet de grade 1 ou 2. Les participants ont été randomisés selon une séquence de randomisation générée par ordinateur afin de bénéficier d'un programme complet d'activités (20 séances) ou de simples conseils (une séance avec soutien téléphonique). Des enveloppes opaques scellées ont été utilisées afin de masquer le traitement. Le critère d'évaluation principal était l'intensité de la douleur, mesurée sur une échelle allant de 0 à 10. L'intensité de la douleur a été estimée à l'inclusion, à 14 semaines, à 6 mois et à 12 mois par un évaluateur qui n'avait pas connaissance de l'affectation des traitements. L'analyse était en intention de traiter. Les effets du traitement ont été calculés à l'aide de modèles linéaires mixtes. Cet essai est enregistré auprès de l'Australian New Zealand Clinical Trials Registry, sous le numéro ACTRN12609000825257.

Résultats

Au total, 172 participants ont été affectés au groupe bénéficiant d'un programme d'activités complet (n = 86) ou au groupe bénéficiant de conseils (n = 86) ; 157 (91 %) participants ont été suivis pendant une durée maximale de 14 semaines, 145 (84 %) participants, sur 6 mois et 150 (87 %) participants, sur 12 mois. Le programme d'activités complet ne s'est pas avéré plus efficace dans le contrôle de la douleur que les simples conseils dispensés aux participants. Au bout de 14 semaines, les effets du traitement, évalués à l'aide d'une échelle de la douleur allant de 0 à 10, étaient de 0·0 (IC à 95 % : de −0·7 à 0·7) ; à six mois, ils étaient de 0·2 (de −0·5 à 1·0) et à 12 mois, de −0·1 (de −0·8 à 0·6). L'hyperexcitabilité du SNC et les symptômes d'un état de stress post-traumatique n'ont pas modifié les effets du traitement. Aucun événement indésirable grave n'a été observé.

Interprétation

 

Nous avons démontré que de simples conseils étaient aussi efficaces qu'un programme d'activités en physiothérapie, plus intense et plus complet. L'identification de stratégies efficaces, au coût abordable, qui permettraient de prévenir et de traiter les troubles aigus et chroniques associés à un traumatisme en coup de fouet, constitue une priorité sanitaire majeure. Les pistes possibles de recherche pourraient porter sur une meilleure connaissance des mécanismes responsables des douleurs persistantes ou invalidantes, sur l'efficacité et la pharmacocinétique des médicaments, et sur l'étude des conseils et informations présentés aux patients.

Cette interprétation contient néanmoins des éléments importants, à savoir que ces traumatismes qui sont légions, même s'ils ne correspondent pas tous à des accidents de la voie publique, constituent "une priorité sanitaire majeure".

Les pistes possibles pourraient porter non pas seulement sur les mécanismes responsables des douleurs persistantes ou invalidantes, mais surtout sur la compréhension des conséquences d'un traumatisme en coup de fouet sur un corps dont l'unité n'apparait toujours pas de façon évidente à la science médicale nous laissant penser ainsi qu'elle continue à le voir comme un assemblage de pièces rapportées ayant besoin d'un apport extérieur pour fonctionner.

Bien que cette étude provienne de Nouvelle zélande, il n'est pas le moins du monde question d'ostéopathie. Serait-elle là bas aussi trop "technique" pour ne pas envisager d'avantage l'unité corporelle ?

Enfin voici le résumé d'une étude qui sauf erreur date de 2003, découverte en anglais, elle est retraduite en français avec la marge d'erreur que cela implique. Il en ressort la même segmentation du corps avec de façon évidente la non-prise en compte de la globalité.

Service de rééducation et de Réadaptation de L'appareil locomoteur et des pathologies du rachis, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, hôpital Cochin, université René-Descartes, Paris, France. michel.revel @ cch.ap-hop-paris.fr

OBJECTIFS:

Se concentrer sur un sujet de la traumatologie et de la réadaptation qui est devenu récemment un problème de santé publique très controversé.

MÉTHODE:

Une recherche de référence de bases de données Medline avec le coup du lapin comme mot-clé a été réalisée. Ont été sélectionnés des articles avec résumés en français ou en anglais et mettant l'accent sur l'accidentologie, la biomécanique, lésions démontrés, l'épidémiologie et les traitements.

RÉSULTATS:

Sur 1664 références trouvées, 232 ont été examinées. Le mécanisme habituel de l'accident est une collision par l'arrière induisant chez les occupants du véhicule heurté, une soudaine extension du rachis cervical inférieure à la flexion supérieure suivi d'une extension globale. Dans près de 50% des cas, la contrainte se produisant lors de la collision est comparable à celle observée dans des autos tamponneuses. 

 Les différentiels de vitesse sont rarement supérieurs à 15 km/h. Un appui-tête restreint sensiblement l'extension du cou. Chaque structure de la colonne cervicale pourrait être endommagée et principalement les joints de facette articulaire, mais des lésions ont été seulement démontrées dans des traumatismes sévères. Les écarts dans l'incidence entre les différents pays pourraient être liés à leur système médico-légal. Bien que subjectifs, les premiers symptômes sont assez similaires chez les patients, suggérant de véritables troubles anatomiques ou fonctionnels, mais la chronicité semble être principalement liée à des facteurs sociaux et psychologiques. L'association de: absence de defficit de résistance sur la ligne médiane postérieure du cou, pas de notion d'intoxication, une vigilance normale, pas de déficit neurologique focal et absence de gêne douloureuse, présente une bonne valeur prédictive de l'absence de lésion ostéo-articulaire sur les radiographies. Sauf dans le cas de la catégorie IV de l'échelle québécoise (0 - aucun symptôme, 1 - la douleur et la raideur, 2 - plainte concernant la nuque associée à des signes physiques, 3 - plainte concernant la nuque avec des signes neurologiques, 4 - fracture ou dislocation) l'utilisation d'un collier devrait être évitée et la colonne cervicale devrait être mobilisée.

CONCLUSION: Dans la plupart des entorses cervicales, la douceur doit être de mise au début, la mobilisation est à encourager, et les procédures d'indemnisation réduites*.

* Ici, pour cet article retraduit nous ne savons comment interpréter cette dernière phrase. Est-ce "généreux" pour le patient en proposant que soit réduit le temps qu'il faut aux assurances pour accorder des indemnités ou, au contraire, cette déclaration va-t-elle dans le sens du poil des assurances en proposant de réduires les indemnités ?

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Nowar 16/05/2014 10:52

Se prendre la tête à coup de fouet sur un lapin!! Protégeons les animaux, et plus encore l'animal humain des Diafoirus qui le guettent.
Ne doutons pas des efforts développés pour établir le manque de résultats de la magie linéaire faute de compréhension de la réalité du problème.
Mais la question qui se pose est peut-être de rentabiliser la chose et de définir qui partagera le gâteau. Tant pis pour les patients.
Nowar

Jean-Jacques Floret 14/05/2014 09:48

Ce qui est ici reporté montre aussi les limites de la pensée occidentale entièrement construite sur les bases de la philosophie grecque qui est finaliste, et causale. Et des occidentaux pensent
encore trop facilement être les seuls à savoir.
Les chinois pensent autrement, en terme de processus et de sans fin.
Réunir ces deux modes de pensées en une synthèse vécues serait une excellente chose pour l'humanité.

Trickster 15/05/2014 19:15



Et bien cher commentateur, c'est une excellente idée. Il n'y a plus qu'à proposer à tous ceux "qui ont raison" d'envisager qu'il y a peut-être une autre façon d'envisager le monde. Avec un peu de
persévérance peut-être...


Merci pour ce commentaire