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Publié par Trickster

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La qualité, c'est manifestement le parti pris de la SOO (Société des Ostéopathes de l'Ouest) qui présentait les 11, 12 et 13 novembre, à un rassemblement de professionnels le thème décidément inépuisable : "What is osteopathy " ?

Les intervenants étaient Zachary Comeaux D.O, F.A.A.O., Lewisburg,WV, USA, Hugh Milne D.O. (GB), et Nicholas Handoll D.O (GB) en remplacement de Robert Paul Lee D.O, F.A.A.O.,F.C.A. Durango, CO, USA, initialement prévu et qu'on attendait sans doute dans la trace de son livre "INTERFACE" récemment traduit par Pierre Tricot et publié par les éditions Sully.

L'assistance était nombreuse, le temps était beau, le lieu, Chateau d'Apigné, absolument magnifique, et l'organisation irréprochable, non... encore beaucoup mieux que ça. Et puis quel plaisir de retrouver des visages connus de confrères, d'amis qu'on avait pas vus depuis des années !

C'est Zachary Comeaux qui ouvrait ces trois jours par une réflexion philosophique sur la pratique ostéopathique, distinguant l'approche ostéopathique qui découle des sciences telles que l'anatomie et la physiologie, de la compréhension ostéopathique empruntant la voie phénoménologique pour que le praticien unique, différent de tous les autres découvre le patient tel qu'il est, non moins unique et différent de tous les autres lui aussi.

C'était l'occasion de réentendre le nom de Husserl, père de la phénoménomogie, celui de Heidegger, et celui de Maurice Merleau Ponti rarement cité dans les congrès d'ostéopathie et pourtant auteur de "La phénoménologie de la perception" publié en 1945. Une lecture que tout ostéopathe devrait sans doute faire après avoir pris son élan, car elle n'est pas des plus facile comme l'a laissé entendre Zachary Comeaux qui semble "s'y être collé".

Loin de nous l'idée de faire semblant d'évoluer facilement dans les replis de la phénoménologie, cependant il est amusant de se souvenir qu'à l'instar de Monsieur Jourdain et de sa pratique "inconsciente" de la prose, nous "tâtons" de la phénoménologie jour après jour au moins au travers de l'une de ses structures : l'intentionnalité.

L'intentionnalité a un rôle central dans la perception : nous ne percevons à proprement parler que des aspects des choses, ce que Husserl appelle des esquisses, ces dernières se succédant à l'infini et requérant une loi pour les unifier. L'intentionnalité permet cela, car elle est aussi un opérateur d'anticipations qui permet à l'esprit de combler les "blancs" ou "vides" de la perception pour constituer un objet intégral pour la conscience. Par exemple, nous ne nous contentons pas d'appréhender un dos ou un profil lorsque nous observons une personne, mais nous nous attendons à ce que les caractéristiques qui sont masquées pour la perception puissent être données, et l'intentionnalité fournit à la fois une loi qui unifie les esquisses données et celles auxquelles nous nous attendons naturellement. 

 Edmund Husserl, le fondateur de la phénoménologie entend comprendre comment le monde est donné à la conscience. 

 

Il est intéressant pour l'ostéopathe de comprendre comment la connaissance du patient parvient à sa conscience et avec quelle précision au travers de l'observation, de l'anamnèse, de la palpation et de l'écoute pratiquées dans le courant empathique qui doit modeler la relation thérapeutique.
Cette part de la connaissance qui flirte parfois avec l'intuition fait partie intégrante de notre pratique. Elle ne nous rapproche pas des obsédés de la statistique et de la preuve scientifique. Personnellement, au cas où il y aurait encore un doute à ce sujet, ça ne me dérange pas.

 

Car au fond, est-il plus important de "plaire à la science" ou de répondre à l'attente des patients qui viennent chercher soulagement ou guérison ? Je pense que la réponse à cette question n'est pas indispensable. 

Zachary Comeaux n'est certes pas hostile à la recherche mais au bout du compte et en accord avec bon nombre d'entre nous, la chose importante est pour lui que le patient soit content. Il n'y a vraiment pas de raison de penser autrement.

Et contents, je crois que tous les participants à ces trois jours l'ont été pour le lieu, pour le contenu et pour l'état d'esprit qui a animé l'ensemble des conférences et ateliers.

Alors aux noms des participants, les enfants de Still renouvellent leurs remerciements aux responsables de cet évènement.

 

AA

 

 

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Nowar 23/11/2011 21:08

Qu'il eut été bon de partager ces moments.
J'aurais bien aimé nous plonger dans la phénoménologie des phénomènes microcosmiques ostéopathiques dont la polyformité nous interroge si souvent.
Nowar

P.P 21/11/2011 16:03

Bravo pour cette belle organisation,j'espère pouvoir me libérer pour un prochain" rendez-vous"...

Renaud 20/11/2011 18:23

merci pour cet approfondissement

Jean-Louis 20/11/2011 13:51

L'étude de la phénoménologie est très ingrate ! c'est le moins que l'on puisse dire. Et si Merleau Ponty a eu une place importante dans la phénoménologie française, d'autres, plus accessibles, ont
largement pris la relève, tel Paul Ricoeur et Michel Henry, que je ne puis que recommander, même si ses livres demandent beaucoup d'attention et une attention soutenue. Notamment "La barbarie", qui
est une description de notre mùonde actuel, soumis à la technique et qui a oublié l'humain...

Une autre approche, très intéressante est la sophrologie caycédienne, dont les fondamentaux s'appuient justement sur la phénoménologie.

Et puis n'oubliez pas tous les ouvrages de notre confrère Claude Bochurberg. Claude s'appuie sur la Phénoménologie pour parler d'ostéopathie avec justesse et précision.

Enfin, si vous désirez passez un bon moment avec la phénoménologie sans vous prendre la tête, je vous conseille deux romans de Michel Henri : "L'amour les yeux fermés" et "Le fils du roi"

Trickster 20/11/2011 18:57



Merci Jean Louis pour pour l'attention que tu portes à ce retour de congrès et ce qu'il m'a semblé utile d'en extraire entre autres choses. Merci également pour cette proposition de lecture
supplémentaire sans prise de tête. Et pardon à Maurice Merleau Ponty pour mon erreur concernant son nom. J'ai du brièvement penser à Claude Ponti à qui je proposerais bien de faire un livre sur
le thème de la phénoménologie.